Foire instrumentale

21 et 22 avril 2026

Cette année, la foire instrumentale du Département de musique ancienne du Conservatoire royal de Bruxelles revient dans une formule enrichie.
À la rencontre bien établie entre étudiants, musiciens et luthiers s’ajoute désormais un forum scientifique, conçu pour prolonger les échanges et ouvrir un espace de réflexion autour des instruments anciens et de leur usage aujourd’hui.
La foire conserve ainsi son esprit d’ouverture et de convivialité, tout en proposant un nouveau temps fort dédié à la discussion, à l’analyse et au partage d’expériences.

Rendez-vous bisannuel bien ancré dans la vie du département, la foire instrumentale reste le cœur de l’événement.

Elle offre aux étudiants et aux musiciens l’occasion de rencontrer directement des luthiers et archetiers spécialisés, de découvrir et d’essayer des instruments, et d’échanger autour de leur conception, de leur usage et de leurs spécificités.

Dans cette nouvelle formule, la présence du forum scientifique prolonge naturellement l’expérience de la foire, en invitant le public à prendre du recul sur les instruments présentés et sur les choix qu’ils impliquent pour la pratique musicale.

Exposants de l’édition 2026
  • Tom Devries – facteur de flûtes à bec (Aldtsjerk | Pays-Bas)
  • Julien Dubois – responsable du parc instrumental du CNSM de Paris (France)
  • Pierre Van Engeland – luthier, violoncelle et viole de gambe (Bruxelles | Belgique)
  • Jérôme Gastaldo – archetier (Oignies-en-Thiérache | Belgique)
  • Catherine Janssens – luthière, famille du violon (Bruxelles | Belgique)
  • Gesina Liedmeier – luthière de violes de gambe (Velp | Pays-Bas)
  • Mathieu Loux – facteur de hautbois (Strasbourg | France)
  • Terry Mann – facteur d’instruments à vent médiévaux et renaissance (Royaume-Uni)
  • Sebastian Mende – luthier, violons et viole de gambe (Weimar | Allemagne)
  • Angelica Meza – Artesana cases – artisane fabricante de housses pour flûte, cor naturel, hautbois, clarinette et basson (Gand | Belgique)
  • Marion Middenway – archetière (Vimartin sur Orthe | France)
  • Mimmo Perruffo – Aquila Corde Armoniche – fabricant de cordes en boyau (Caldogno, Vicenza | Italie)
  • Carlos Pineda & Laura Guijarro – Baroque Studio, luthiers, viole de gambe et violon (Crémone | Italie)
  • Pierre Ribo – facteur de serpent et cornet (Bruxelles | Belgique)
  • Jessica De Saedeleer – luthière, famille du violon (Bruxelles | Belgique)
  • Sylvestre Vergez – archetier (Bruxelles | Belgique)
  • Jan de Winne – facteur de traverso (Bruxelles | Belgique)
  • Étudiants en lutherie de Ghent, avec une sélection de leurs instruments.

Adossé à la foire instrumentale, le forum scientifique propose une série de rencontres et de communications consacrées à l’organologie, envisagée depuis le point de vue du musicien praticien.

Le forum s’intéresse aux instruments anciens comme objets historiques, mais aussi comme outils de jeu, au cœur de choix très concrets : facture, montage, sonorité, usage, compromis techniques et interprétatifs.
Il interroge la manière dont ces choix se construisent aujourd’hui, à la croisée des sources, des traditions, de la recherche et des réalités de la pratique musicale.

Parmi ces questions, celle du goût du musicien occupe une place importante : comment se forment nos préférences sonores et esthétiques ? Quels critères mobilisons-nous, consciemment ou non, lorsque nous choisissons un instrument ou une manière de jouer ? Et dans quelle mesure le recours au goût personnel constitue-t-il un outil pertinent, ou au contraire un réflexe à interroger, lorsque l’on se confronte à des cadres historiques, des sources et des usages qui ne sont pas les nôtres ?

Les interventions croisent les regards de musiciens, de luthiers et de chercheurs, dans un esprit d’échange, d’ouverture et de réflexion partagée.

  • Anne-Emmanuelle Ceulemans – conservatrice des instruments à cordes européens au Musée des Instruments de Musique de Bruxelles
  • Marc Vanscheeuwijck – musicologue, violoncelliste et membre de l’équipe pédagogique du Département de musique ancienne du Conservatoire royal de Bruxelles
  • Mimmo Perruffo – Aquila Corde Armoniche – fabricant de cordes en boyau
  • Julien Dubois – responsable du parc instrumental du CNSM de Paris
  • Jessica De Saedeleer – luthière d’instruments de la famille du violon
  • Marion Middenway – archetière
  • Nicolas Achten – chanteur multi-instrumentiste, directeur artistique de l’ensemble Scherzi Musicali, membre de l’équipe pédagogique du Département de musique ancienne du Conservatoire royal de Bruxelles
  • Valentin Bajou – violoncelliste, membre de l’équipe pédagogique du Département de musique ancienne du Conservatoire royal de Bruxelles
  • Pierre Van Engeland – luthier, violoncelle et viole de gambe
Mardi 21 avril

– 10h : ouverture du forum

– 10h30 : Marc Vanscheeuwijck (Conservatoire royal de Bruxelles)
Comment en sommes-nous arrivés là? : Quelques réflexions sur nos choix organologiques en musique baroque aujourd’hui.
 Après bientôt sept décennies de recherche et de redécouverte de répertoires et de pratiques de restitution de « musiques anciennes », menées d’une part par des musicologues et de l’autre par des musiciens souvent visionnaires, n’en sommes-nous pas arrivés à une espèce de nouvelle standardisation de pratiques dictée par un certain « goût » acquis, une intertextualité auditive aiguillée par l’enregistrement, qui se sont installées au fil des ans par des habitudes, des tendances personnelles, un comfort de jeu, des idéals de son pas toujours entièrement « culturellement » informées ? Ma réflexion, certes applicable à la plupart des aspects de nos pratiques en musique ancienne, se concentre sur la perspective organologique—en premier lieu des instruments à cordes frottées—et sur le besoin éventuel de recentrer nos perspectives et nos idées reçues en vue d’aborder un futur musical plus novateur.

– 11h30 : Jessica De Saedeleer (luthière, Belgique)
Création de violons baroques aujourd’hui : sur quelles bases peut s’appuyer un luthier ?
Copies pures et adaptations anachroniques, plusieurs questions se posent quant à la reconstitution d’un instrument historique. Nos technologies modernes sont des outils scientifiques précieux pour obtenir des informations qui n’ont pas toujours pu traverser le temps par la seule transmission orale du savoir-faire artisanal. L’analyse de l’iconographie, des traités anciens, des instruments disponibles dans les musées sont autant d’éléments dont dispose un luthier pour alimenter son travail. En parallèle, la collaboration avec le musicien s’avère indispensable quant aux objectifs de la reconstitution, et le réglage du son sera la synthèse de toutes les décisions prises à chaque étape.


– 13h30 : Mimmo Peruffo (fabricant de cordes en boyau, Italie) / présentation en anglais
Instruments à archet sans frettes : réglage entre données historiques et hypothèses – que savons-nous réellement ? 
Cette intervention examine ce que nous pouvons connaître de manière fiable du réglage des instruments à archet historiques sans frettes, à travers cinq questions interdépendantes : les types de boyaux utilisés autrefois en comparaison de ceux disponibles aujourd’hui ; les technologies de cordes des périodes anciennes et leurs équivalents contemporains ; l’invention des cordes filées, ses implications et la typologie de ces cordes ; ce que recouvre concrètement la notion de « juste tension » ; enfin, la question des diapasons.


– 15h : Nicolas Achten (Conservatoire royal de Bruxelles) 
Pratique instrumentale et choix organologiques : éléments de réflexion (titre provisoire)
Nicolas Achten proposera un retour sur la relation entre pratique musicale et choix instrumentaux, à partir de son expérience de musicien chercheur. Il abordera les critères, arbitrages et éventuelles tensions qui interviennent dans la conception, le réglage et l’usage des instruments. Des exemples concrets permettront d’en éclairer les enjeux dans une perspective historiquement informée.

Mercredi 22 avril

– 10h : Anne-Emmanuelle Ceulemans (Musée des Instruments de Musique de Bruxelles)
L’interprétation culturellement informée – le rôle des musées
Depuis le XIXe siècle, les musées d’instruments de musique sont des institutions de référence dans la redécouverte des musiques du passé. J’évoquerai le rôle du Musée des instruments de musique, de 1876 à nos jours, autour d’une question-clé : faut-il restaurer les instruments de manière à les rendre jouables ou vaut-il mieux les copier ? J’élargirai ensuite mon propos pour donner quelques exemples de la manière dont la recherche organologique, en particulier sur les instruments à cordes, a évolué depuis le XXe siècle.

– 11h : Julien Dubois (Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris)
Recherche et reconstitution en contexte pédagogique : approches et études de cas
Cette intervention propose un aperçu des travaux de recherche menés au Conservatoire Supérieur de Paris, envisagés comme support à une réflexion pédagogique sur la reconstitution d’un écosystème instrumental du violon. Elle met en lumière l’articulation entre recherche scientifique, fabrication instrumentale et formation des interprètes au sein d’une institution d’enseignement supérieur. Deux études de cas — le consort Stradivarius des Médicis (vers 1690) et le violon « Alard » de Guarneri del Gesù (1742) — permettront d’en examiner les implications concrètes.


– 13h30 : Marion Middenway (archetière, France)
L’enquête Biedermeier
Dans sa pratique de musicienne dans les orchestres ‘historiques’, Marion Middenway a été confrontée dès les années 1990 à la question du choix des archets pour la musique classique et début romantique. Curieuse de lutherie depuis toujours, elle s’est formée à l’archeterie pour mieux explorer la diversité des archets de cette période. Vers 2010, les publications de Kai Köpp donnent un nouvel élan aux recherches en formulant le concept d’Archet Biedermeier ; s’en suit pour Marion une étude plus approfondie et la production d’une série d’archets prototypes d’après des mesures d’archets originaux. Malgré la très grande diversité des archets anciens, certains critères spécifiques émergent pour mieux définir un archet typiquement Biedermeier, adapté aux techniques et au répertoire allemands autour de 1800. Marion Middenway partagera ses réflexions et proposera quelques pistes, autant pour facteurs que pour musiciens.

– 14h30 : Pierre Van Engeland (luthier, Belgique) & Valentin Bajou (Conservatoire royal de Bruxelles)
La démarche d’un musicien et le métier de son luthier 
En 2021 et 2025, Valentin Bajou commande à Pierre Van Engeland deux violoncelles conçus selon des critères explicitement historiques, sans compromis avec les usages actuels, y compris lorsque ceux-ci s’en écartent. Ce projet s’inscrit dans un dialogue étroit entre musicien et luthier, où hypothèses issues des sources, contraintes de fabrication et exigences de jeu sont continuellement mises à l’épreuve. La présentation reviendra sur ce processus, en exposant les choix qui ont orienté la conception, la fabrication et le réglage des instruments, ainsi que les ajustements successifs qu’ils ont impliqués. Elle donnera également à entendre les résultats de cette démarche expérimentale, en interrogeant ce que ces instruments permettent — ou contraignent — dans la pratique musicale.


– 15h30 : Table ronde – intervenants et invités
Le musicien et son instrument : quelle place pour le goût personnel dans la démarche culturellement informée du musicien aujourd’hui ?

Rendez-vous bisannuel bien ancré dans la vie du département, la foire instrumentale reste le cœur de l’événement.

Elle offre aux étudiants et aux musiciens l’occasion de rencontrer directement des luthiers et archetiers spécialisés, de découvrir et d’essayer des instruments, et d’échanger autour de leur conception, de leur usage et de leurs spécificités.

Dans cette nouvelle formule, la présence du forum scientifique prolonge naturellement l’expérience de la foire, en invitant le public à prendre du recul sur les instruments présentés et sur les choix qu’ils impliquent pour la pratique musicale.

Exposants de l’édition 2026
  • Tom Devries – facteur de flûtes à bec (Aldtsjerk, Pays-Bas)
  • Julien Dubois – responsable du parc instrumental du CNSM de Paris (France)
  • Pierre Van Engeland – luthier, violoncelle et viole de gambe (Bruxelles | Belgique)
  • Jérôme Gastaldo – archetier (Oignies-en-Thiérache | Belgique)
  • Catherine Janssens – luthière, famille du violon (Bruxelles | Belgique)
  • Gesina Liedmeier – luthière de violes de gambe (Velp | Pays-Bas)
  • Mathieu Loux – facteur de hautbois (Strasbourg | France)
  • Terry Mann – facteur d’instruments à vent médiévaux et renaissance (Royaume-Uni)
  • Sebastian Mende – luthier, violons et viole de gambe (Weimar | Allemagne)
  • Angelica Meza – Artesana cases – artisane fabricante de housses pour flûte, cor naturel, hautbois, clarinette et basson (Gand | Belgique)
  • Marion Middenway – archetière (Vimartin sur Orthe | France)
  • Mimmo Perruffo – Aquila Corde Armoniche – fabricant de cordes en boyau (Caldogno, Vicenza | Italie)
  • Carlos Pineda & Laura Guijarro – Baroque Studio, luthiers, viole de gambe et violon (Crémone | Italie)
  • Pierre Ribo – facteur de serpent et cornet (Bruxelles | Belgique)
  • Jessica De Saedeleer – luthière, famille du violon (Bruxelles | Belgique)
  • Sylvestre Vergez – archetier (Bruxelles | Belgique)
  • Jan de Winne – facteur de traverso (Bruxelles | Belgique)
  • Étudiants en lutherie de Ghent, avec une sélection de leurs instruments.

Adossé à la foire instrumentale, le forum scientifique propose une série de rencontres et de communications consacrées à l’organologie, envisagée depuis le point de vue du musicien praticien.

Le forum s’intéresse aux instruments anciens comme objets historiques, mais aussi comme outils de jeu, au cœur de choix très concrets : facture, montage, sonorité, usage, compromis techniques et interprétatifs.
Il interroge la manière dont ces choix se construisent aujourd’hui, à la croisée des sources, des traditions, de la recherche et des réalités de la pratique musicale.

Parmi ces questions, celle du goût du musicien occupe une place importante : comment se forment nos préférences sonores et esthétiques ? Quels critères mobilisons-nous, consciemment ou non, lorsque nous choisissons un instrument ou une manière de jouer ? Et dans quelle mesure le recours au goût personnel constitue-t-il un outil pertinent, ou au contraire un réflexe à interroger, lorsque l’on se confronte à des cadres historiques, des sources et des usages qui ne sont pas les nôtres ?

Les interventions croisent les regards de musiciens, de luthiers et de chercheurs, dans un esprit d’échange, d’ouverture et de réflexion partagée.

  • Anne-Emmanuelle Ceulemans – conservatrice des instruments à cordes européens au Musée des Instruments de Musique de Bruxelles
  • Marc Vanscheeuwijck – musicologue, violoncelliste et membre de l’équipe pédagogique du Département de musique ancienne du Conservatoire royal de Bruxelles
  • Mimmo Perruffo – Aquila Corde Armoniche – fabricant de cordes en boyau
  • Julien Dubois – responsable du parc instrumental du CNSM de Paris
  • Jessica De Saedeleer – luthière d’instruments de la famille du violon
  • Marion Middenway – archetière
  • Nicolas Achten – chanteur multi-instrumentiste, directeur artistique de l’ensemble Scherzi Musicali, membre de l’équipe pédagogique du Département de musique ancienne du Conservatoire royal de Bruxelles
  • Valentin Bajou – violoncelliste, membre de l’équipe pédagogique du Département de musique ancienne du Conservatoire royal de Bruxelles
  • Pierre Van Engeland – luthier, violoncelle et viole de gambe
Mardi 21 avril

– 10h : ouverture du forum

– 10h30 : Marc Vanscheeuwijck (Conservatoire royal de Bruxelles)
Comment en sommes-nous arrivés là? : Quelques réflexions sur nos choix organologiques en musique baroque aujourd’hui.
 Après bientôt sept décennies de recherche et de redécouverte de répertoires et de pratiques de restitution de « musiques anciennes », menées d’une part par des musicologues et de l’autre par des musiciens souvent visionnaires, n’en sommes-nous pas arrivés à une espèce de nouvelle standardisation de pratiques dictée par un certain « goût » acquis, une intertextualité auditive aiguillée par l’enregistrement, qui se sont installées au fil des ans par des habitudes, des tendances personnelles, un comfort de jeu, des idéals de son pas toujours entièrement « culturellement » informées ? Ma réflexion, certes applicable à la plupart des aspects de nos pratiques en musique ancienne, se concentre sur la perspective organologique—en premier lieu des instruments à cordes frottées—et sur le besoin éventuel de recentrer nos perspectives et nos idées reçues en vue d’aborder un futur musical plus novateur.

– 11h30 : Jessica De Saedeleer (luthière, Belgique)
Création de violons baroques aujourd’hui : sur quelles bases peut s’appuyer un luthier ?
Copies pures et adaptations anachroniques, plusieurs questions se posent quant à la reconstitution d’un instrument historique. Nos technologies modernes sont des outils scientifiques précieux pour obtenir des informations qui n’ont pas toujours pu traverser le temps par la seule transmission orale du savoir-faire artisanal. L’analyse de l’iconographie, des traités anciens, des instruments disponibles dans les musées sont autant d’éléments dont dispose un luthier pour alimenter son travail. En parallèle, la collaboration avec le musicien s’avère indispensable quant aux objectifs de la reconstitution, et le réglage du son sera la synthèse de toutes les décisions prises à chaque étape.


– 13h30 : Mimmo Peruffo (fabricant de cordes en boyau, Italie) / présentation en anglais
Instruments à archet sans frettes : réglage entre données historiques et hypothèses – que savons-nous réellement ? 
Cette intervention examine ce que nous pouvons connaître de manière fiable du réglage des instruments à archet historiques sans frettes, à travers cinq questions interdépendantes : les types de boyaux utilisés autrefois en comparaison de ceux disponibles aujourd’hui ; les technologies de cordes des périodes anciennes et leurs équivalents contemporains ; l’invention des cordes filées, ses implications et la typologie de ces cordes ; ce que recouvre concrètement la notion de « juste tension » ; enfin, la question des diapasons.


– 15h : Nicolas Achten (Conservatoire royal de Bruxelles) 
Pratique instrumentale et choix organologiques : éléments de réflexion (titre provisoire)
Nicolas Achten proposera un retour sur la relation entre pratique musicale et choix instrumentaux, à partir de son expérience de musicien chercheur. Il abordera les critères, arbitrages et éventuelles tensions qui interviennent dans la conception, le réglage et l’usage des instruments. Des exemples concrets permettront d’en éclairer les enjeux dans une perspective historiquement informée.

Mercredi 22 avril

– 10h : Anne-Emmanuelle Ceulemans (Musée des Instruments de Musique de Bruxelles)
L’interprétation culturellement informée – le rôle des musées
Depuis le XIXe siècle, les musées d’instruments de musique sont des institutions de référence dans la redécouverte des musiques du passé. J’évoquerai le rôle du Musée des instruments de musique, de 1876 à nos jours, autour d’une question-clé : faut-il restaurer les instruments de manière à les rendre jouables ou vaut-il mieux les copier ? J’élargirai ensuite mon propos pour donner quelques exemples de la manière dont la recherche organologique, en particulier sur les instruments à cordes, a évolué depuis le XXe siècle.

– 11h : Julien Dubois (Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris)
Recherche et reconstitution en contexte pédagogique : approches et études de cas
Cette intervention propose un aperçu des travaux de recherche menés au Conservatoire Supérieur de Paris, envisagés comme support à une réflexion pédagogique sur la reconstitution d’un écosystème instrumental du violon. Elle met en lumière l’articulation entre recherche scientifique, fabrication instrumentale et formation des interprètes au sein d’une institution d’enseignement supérieur. Deux études de cas — le consort Stradivarius des Médicis (vers 1690) et le violon « Alard » de Guarneri del Gesù (1742) — permettront d’en examiner les implications concrètes.


– 13h30 : Marion Middenway (archetière, France)
L’enquête Biedermeier
Dans sa pratique de musicienne dans les orchestres ‘historiques’, Marion Middenway a été confrontée dès les années 1990 à la question du choix des archets pour la musique classique et début romantique. Curieuse de lutherie depuis toujours, elle s’est formée à l’archeterie pour mieux explorer la diversité des archets de cette période. Vers 2010, les publications de Kai Köpp donnent un nouvel élan aux recherches en formulant le concept d’Archet Biedermeier ; s’en suit pour Marion une étude plus approfondie et la production d’une série d’archets prototypes d’après des mesures d’archets originaux. Malgré la très grande diversité des archets anciens, certains critères spécifiques émergent pour mieux définir un archet typiquement Biedermeier, adapté aux techniques et au répertoire allemands autour de 1800. Marion Middenway partagera ses réflexions et proposera quelques pistes, autant pour facteurs que pour musiciens.

– 14h30 : Pierre Van Engeland (luthier, Belgique) & Valentin Bajou (Conservatoire royal de Bruxelles)
La démarche d’un musicien et le métier de son luthier 
En 2021 et 2025, Valentin Bajou commande à Pierre Van Engeland deux violoncelles conçus selon des critères explicitement historiques, sans compromis avec les usages actuels, y compris lorsque ceux-ci s’en écartent. Ce projet s’inscrit dans un dialogue étroit entre musicien et luthier, où hypothèses issues des sources, contraintes de fabrication et exigences de jeu sont continuellement mises à l’épreuve. La présentation reviendra sur ce processus, en exposant les choix qui ont orienté la conception, la fabrication et le réglage des instruments, ainsi que les ajustements successifs qu’ils ont impliqués. Elle donnera également à entendre les résultats de cette démarche expérimentale, en interrogeant ce que ces instruments permettent — ou contraignent — dans la pratique musicale.


– 15h30 : Table ronde – intervenants et invités
Le musicien et son instrument : quelle place pour le goût personnel dans la démarche culturellement informée du musicien aujourd’hui ?

Les 21 et 22 avril 2026
de 10h à 18h

Conservatoire royal de Bruxelles
site Chêne – Grand Hall/Auditorium
17, rue du Chêne – 1000 Bruxelles